Poèsie

Aphorismes II

Quelle différence y a-t-il entre la mythomanie, la schizophrénie et le mensonge?
RIEN. S'apercevoir qu'une personne qui a traversé votre vie, votre corps et votre cœur l'est, engendre la nausée. Ma réaction: VOMIR.

 

Vomir ce "rien" qui a meublé une relation stérile. Bâtie sur les artifices du plaisir charnel. Ce même rien qui place l'immaturité d'une âme dans celle d'un esprit bestial... Quel GÂCHIS...

 

Dès lors, l'important devient le renoncement de l'Autre, pour la résurrection de soi-même.

 

REQUIEM POUR UN HOMME LIBRE

Son corps, "Terre incognita"
Parle, voit pointer, laisse émerger
Il tourne, retourne, contourne, détourne

...

 

Des êtres délicieusement nomades qui croient en la liberté de leur amour. Il est elle, elle est lui. Leur amour sera éternellement le point qui les fera revenir à leur ponctuation première: la rencontre.

 

Une mélancolie voisine d'elle-même, se croisant quelquefois au détour de ses rues.

Joies incommensurables de se croiser à chaque fois...

Peu à peu la demoiselle " M " se voile de son habit préféré: l'errance et ses pare-feux nocturnes.

Amoureuse mélancolie. Tristesse indomptable. Je vous aime.

 

... Quel bonheur d'avoir pour ami et compagnon de route une personne qui vous fait si juste hommage. Oui, il est votre terre retrouvée. Oui, il est mon fidèle logis...

 

Tu as capté le reflet de l'"autre moi", celui que je cherche depuis si longtemps. Le premier originel, celui qui ne ment pas. Celui que je pensais avoir perdu, et finalement il était caché au fond de mes yeux.

 

" La plume dans la plaie", dans les entrailles, dans les tréfonds d'une humanité sienne, disparue. Insolente, farouchement survenue dans une apparition existentialiste pour devenir une larme existentielle. Elle. Impose sa présence et son devenir. Une" plume dans la plaie" qui j'espère ne cicatrisera jamais.

 

Le dedans et le dehors viennent s'ajuster sur leur juste milieu: la limite.

CORPUS IDEA


La critique : Une vitrine... derrière laquelle se meurent des êtres plastifiés par leur incapacité à renifler. Justement, cette odeur nauséabonde, la même semblable à celle que l'on respire lorsque nous libérons nos orifices. Ceux du corps et de l'esprit. Et peut-être, peut-être, à cet instant précisément, nous pointerons du doigt nos stigmates, devenus aujourd'hui les vestiges de notre incapacité à critiquer.

 

Mon corps : Mes morceaux qui ne sont plus rien… Une action, un corps, un devant-scène, pour une scène qui n’est plus. Vouloir se libérer de cet être qui me possède. Vraisemblablement pour dire d’autres choses. Une chose. Certainement celle-là.

 

Solitude : Comme un vers qui s’immisce soudainement dans ma vie, plénitude existentielle devenue telle un orifice pour accueillir le grand perturbateur. Il démange, il gratte à vif et à sang. Et, je pleure un liquide rougeâtre qui me rappelle ma naissance. La solitude est alors une seconde naissance.

Moi l'artiste

« L'Art n'est pas un amour légitime ; on ne l'épouse pas, on le viole." Edgar Degas.

Points et piliers repères, en vis-à-vis d'un Art suggéré; les directions ne sont jamais les mêmes à partir d'une question:

« Où ? Quand ? Comment ? ». L'artiste cherche son chemin... sa quête sous le bras.

« Où ? »
Dans une pièce fermée. Il choisit l’endroit en fonction de la solitude interne du lieu. Il entre et, de différentes manières, trouve un moyen pour condamner l’entrée de la porte, le temps de son action ; non seulement pour ne pas être dérangé par un visiteur hasardeux (donc inopportun et hors sujet), mais c’est surtout pour rester délibérément et volontairement seul. Un enfermement recherché pour une extériorisation programmée, dans un espace concret que l'artiste s'auto-désigne. L’extérieur devient pour lui " l’espace abstrait". Selon lui, ils ont certes besoin l’un de l’autre pour exister, mais ils doivent le faire individuellement. Pour cela, le lieu du passage à l’acte (artistique) se trouve continuellement au sein de l’espace public, dans lequel l'artiste va rechercher un (son) espace privé. Il investit le lieu, il le fait sien. Le lieu obéit spécialement aux mêmes principes, et même s'il peut changer (ce n’est pas une condition), sa conception ne change pas.
Dualité des espaces, dualité des lieux. Dualité du corps et de l'âme. L'ARTISTE HURLE SA DUALITÉ.
« (...) est donc né(e) d’une situation qui révèle brutalement l’inconciliable dualité du corps et de l’âme, cette expérience humaine fondamentale (…). Le corps était une cage et, à l’intérieur, quelque chose regardait, écoutait, s’effrayait, pensait et s’étonnait ; ce quelque chose, ce reliquat qui subsistait, déduction faite du corps, c’était l’âme ». « (...) tentait de se voir à travers son corps. Aussi se regardait- elle souvent dans le miroir (…) Ce n’était pas la vanité qui l’attirait vers le miroir, mais l’étonnement de découvrir son moi (…) Elle croyait voir son âme qui se révélait à elle, sous les traits de son visage.» L’insoutenable légèreté de l’être», Milan Kundera.
Mon corps (d’artiste) où l’enveloppe corporelle est vécue comme une cage. Mon extérieur est un espace fermé qui vit à l’intérieur « quelque chose qui regarde, écoute… ». Intérieur/ Extérieur: relation duale.

« Quand ? »
Décider de manière arbitraire pour trouver un temps, un seul, qui soit une attache, un lien, une donnée immobile. Pour identifier son rituel, sa forme temporelle. Mon rituel. Ma vie. Ma pratique. « Réglée », à caractère physique, chimique, symbolique, organique. Cycle menstruel et identité asexués, pour pratiques ritualisées. Invariablement, l'artiste dérègle son horloge.
Le temps regarde sa montre et la montre de l'artiste est son horloge biologique dont la véracité se place dans le dérèglement.
L'artiste n’est pas régulier, comme une fièvre erratique. Il est l’« errant », comme une donnée qui n’est pas fixe. Il est l’idée d’ « erratum » comme quelque chose où l’on a erré.

« Comment ? »
L'artiste va vers l’action. Il attend le moment. Sans l’affirmer directement. Pendant le temps chronologique qui sépare une action artistique d’une autre, il « emmagasine », il « stocke ».
Je suis comme un dépôt de gestes élémentaires de mon quotidien. J’y vais pour raconter une histoire.Est-ce la mienne ? Certainement, et si c’est la mienne, elle a en elle celle de toutes les autres. Mais je ne la connais pas. L'artiste ne veut pas connaître son histoire. La seule qu'il reconnaît est celle qu'a constitué l'ensemble de ces actes de création. Création Humaine, Vitale, Essentielle.
Je pense l’acte artistique comme le « ici et maintenant ». Quand je suis en présence de Mon acte actant, lorsqu’il se matérialise, ma conscience se double paradoxalement « d’un partout, tout le temps » que je n’avais pas prévu. L’action dure, unique décideuse.
Moi, l'artiste, je me regarde.
A travers une caméra fixe sur plan fixe, et l’arrière plan est un mur. Un mur comme une page blanche. Alors, je peux écrire, et me répéter. Même si je suis dans un cadre. L’assise du système est un cadre, et l'assise de l'artiste se place au dessus de ce cadre.
Il se murmure sans cesse au fond d'une chambre noire, sa chambre claire et "punctum" de vie: " Si je sors du cadre c’est que je sors du champ. Si je sors du champ, je rentre à l’intérieur du cadre. RAISON POUR EN SORTIR."
Pour une confrontation immédiate d’une figure de soi.
Pour se mettre au défi de scruter sa présence.
Pour entrer dans une sphère de perception où les sens sont aiguisés, y compris la peur et la joie.

Selima Karoui, Extraits d'écrits personnels...

Non-dits

Ce qu’elle vit.

Ce qu’elle voit devant ses yeux et ressent dans sa chair. Graphisme dans le cheminement, le long de son parcours.

Prédominant rouge…

Très Pré / sent / ssenti dans la cité urbaine.

Les couloirs l’armés, leurrés, largués du métro.

Panneau d’affichage, SORTIE, circuit soutte/rain.

Reins solides.

Circulation dans l’espace____________ la vie s’envole, s’en va ; se sachant séchée.

Identité de la bouteille, pour conjurer l’esprit de catas/tombe.

Le barrage des regardeurs.

Atmosphère/sens/perception, appellent à être exacerbés.

Enfilades presque vides, murs tapissés de rouleaux de feutre gris,

NOIRE, seule solennelle, lui.

Tout devient échange de sensations.

Air lourd, étouffant, trop plein.

Rempli d’une sérénité intense, goût de vide « zenifiant ».

Communiquer l’expérience physique et psychique…

L’œil se redécouvre à travers ce trop plein.

Signal ;

Regard désabusé, neuf. Carrefour de toutes les énergies.

Sentir envahi-Etouffer, suffoquer, opprimée et pressée.

Trop de poids, vue brouillée. S’arrêter sur soi même.

Danse solitaire, enfer qui ne veut pas se taire.

…Ch. Ch. Ch…Inutile, acid.

Chaos.

Sale, emprisonnée.

Conscience mauvaise, mauvaise conscience.

Tortueuse dans sa moelle, fragile révolte.

Silence docile, abandon.

Mur. Gratter sur le mur, Mur incandescent.

Gratter, déterrer. Elan coupé, assassiné.

Fini. Infini, harmonie illusoire.

Battre, combattre. Elle ne veut plus lutter.

Epuisée. Folie, délivrance, la peau découverte.

Lui et / ou elle – dématérialise.

Fragments de mots immatériels.

Différences et répétitions.

Répéter – Redire. Redire le masque / sur le miroir.

Pensées détachées, attachée au corps, le corps expose.

Trace nomade de l’esprit qui se brûle.

Enfant esclave, suicide – victime, ivresse – défaite. Pourquoi ?

Vidés de notre âme. Brutale. Nous plaquent dos au mur.

Mur emmuré dans une vérité sans voix.

Trou noir.

Entends-tu tous ces murs ?

Je n’entends plus que ça.__________________________________________________

Délire.

En balance, face à face, l’émotion et la conscience, l’intuition et l’analyse, le faire devant soi et le verbe derrière.

Arriérée peut-être.

Qui sont-ils ?

EUX : TU VOIS LA.

Las, lassée de courir dans un terrain miné.

Instrument corporel qui imprime la trace sur le lieu qui accueille.

Action, empreinte, surface. Encore le face à face.

Présence maculent, feu incandescent.

Les cendres d’un processus qui se produit.

Tranchante, retranchée dans sa coquille.

Où elle est ? Il la retrouve.

Irremplaçable, vibrant à l’intérieur de son énergie.

Ingestion, digestion / transformation.

Travail de laboratoire, bribes de vie.

 

Aujourd’hui, j’ai rencontré un chat.

 

Soif de l’odeur d’eau de javel, soif de paix.

Langage sismographique, enchaîné par saccades.

Action directe. Trace charnelle et matérielle.

Premier coup, contre coup.

+++ = (- )

Absence, manque, déracinement / Désir de figer.

Arrêter la montre qui court, fixer l’espace.

Repasses S.T.P.

Recherche éperdue de ses racines.

S’/entremêlées avec une telle crudité.

Que tout tremblement fait vibrer.

Souffle.___________________________________________________________________

Cicatrice invisible, violence qui lance la mort.

Rupture. MORT.

La preuve me dit-elle,

Des tablettes de chocolat…mémoire des images et mémoire des formes.

Je suis l’empreinte de la lumière. Masque mortuaire.

Ce n’est pas la ressemblance qui compte. Prototype / momie.

Dissemblable dont elle se dépouille.

Rigoureusement authentique.

« Lui ». A la fois empreinte et peau.

Contact de l’original qui s’est en elle absenté.

Debout, saisissant.

Baptême, extrême onction.

Creux de la main, enduit le visage.

Rituel, feuille blanche, vierge.

Pure, immaculée.

Frotter, réduire en poudre, gratter et regratter.

S.T.P, soit plus instinctif.

Tâches sombres, matières enchevêtrées.

Religion terrorisée. Figure décisive.

Métaphores du corps public et du corps intime.

La cloche a sonné.

Le corps mystique et mystifiant. N’est-ce pas l’autre ?

L’Heure est là. Partie intégrante de l’antinomie.

Leitmotivs, post industrielle.

Je sens l’odeur du charbon. Poudre noire sensuelle.

Simulation du corps virtuel.

(-) (-) (-) Je cherche le PLUS.

Promenade fluctue- elle. Errance, fête, défilé.

C’est qui ?

Spontanée, solitaire, individuelle. Pas de carnaval S.V.P.

Répressif, totalitaire, absolu. Répétitif et aliéné.

Monde désincarné et mécanique.

Autocensure. Autocorrection ______NON.

Théâtre de l’absurde ou psychiatrie.

C’est qui elle ?

Le corps réel et le corps intermédiaire.

ABCDaire de l’Humanité…

Zzzzzzz. Impulsion. Stop.

Regardez là, elle devient FOU.

Bruit. _______________________________________________________

Eh ! Vous. N’écoutez pas, semblables de vous-mêmes.

Autrui.

La flèche descend vers le bas.

Continuité, continuité, CON, sublimation.

Vous manipulez mon corps. Incertain ....

C’est votre propre corps.

 

Aujourd’hui, je m’immisce dans ma vie.

 

Contradiction.

Blessé et hypersensible, anatomique. BOMBE ATOMIQUE.

Le moi intime, unification conformiste.

Tristesse, aliénation de l’individu.

Falsification soudaine, inattendue.

Viens ici ! Ou tu vas…Ne me laisses pas.

Trop loin, trop près. Anonyme.

Je vois une fée. Constellation.

Survivre. La trace survit.

Vouloir l’attraper, ne plus la lâcher. Emprise.

Un gouffre où viennent s’engloutir malédictions et sortilèges du pire des envoûtements.

TU RESTES LA. TU NE BOUGES PAS.

Tenace et têtue. Oui.

Surgissement, assujettissement,

Evident. Evidé et disloqué. Divin.

Le rire ou la mort. En proie à la terreur. SACRILEGE.

Conscience ni de soi, ni de son entourage.

Comment éviter de passer sans laisser de traces?

Eh …J’ai la nausée. Adoucissement.

Se mêlent avec une telle crudité, corps et traces,

Ici là.

 

Un oiseau passe, il a de jolies ailes libres.

A revêtu un habit de disparition.

 

Garder en tête pour se rassurer.

URGENCE / BESOIN.

C’est quoi dis-moi ?

Adorable enfant, dans quelle demeure flottes-tu ?

 

Une impression qui court. Il y a là quelque chose qui se passe, oui, qui se passe à sa manière.

Une impression qui laisse une inquiétude. Une impression qui court à la surface de la vie et la déchire.

La trace le montre ou le laisse entendre.

Trois petits pas et puis s'en vont...

Mais ils ne partiront pas

Point ;

Un souffle perdu,

« Quand perdre c’est voir, tout est là ».